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Dossier médias : désinformation et propagande |
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Sommaire : La télévision comme outil de contrôle social La propagande impérialiste à travers les jeux vidéo II
- L’exemple de Command and Conquer Generals (2003) Le directeur de l'info reconnaît que la RTBF censure le PTB |
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L'association
Reporters sans frontières
(RSF) compte au nombre des outils qui servent à camoufler la peste médiatique
en bienfait universel. Créé en 1985 pour « révolutionner l'univers du
journalisme » 1,
RSF s'est transformé en entreprise de publicité et de communication événementielle
à mesure que son patron, Robert Ménard, succombait aux vertiges du
trotsko-reniement mondain. Entre
critique de la presse et glorification du journaliste, il a vite tranché : «
Nous avons besoin du soutien consensuel de la profession, tandis que la réflexion
sur le métier de journaliste prête, par définition, à la polémique.
Comment, par exemple, organiser un débat sur la concentration des organes de
presse et demander ensuite à Havas ou à Hachette de sponsoriser un événement
? » Réponse ? En s'abstenant d'organiser un tel débat : « Notre ligne est d'être
le moins politique possible, de nous situer exclusivement sur un créneau
"droits de l'homme". » Avec un produit-phare : la « liberté de la
presse ». RSF s'est donc spécialisé dans l'usinage médiatique de martyrs. «
Notre raisonnement est le suivant : tuer un journaliste, c'est aller contre la
liberté d'expression qui profite à tous. C'est imposer à tous le silence » -
une logique lumineuse qui conduirait à affirmer : « Tuer un électricien,
c'est imposer à tous les ténèbres. » RSF
part d'un principe courant dans la profession : « Il n'y a pas de liberté sans
liberté de la presse » car « la démocratie n'existe pas tant que les médias
sont censurés ». Or, pour Ménard, la censure ne pouvant provenir que des États,
des mafias ou des guérillas, marché rime avec liberté. Les groupes de
communication ont applaudi le raisonnement. Le milliardaire François Pinault,
via la Fnac qu'il possède (tout comme il possède l'hebdomadaire Le Point, le
mensuel nul de Karl Zéro et une partie du QVM), finance les albums photo dont
Reporters sans frontières tire ses revenus. Leur diffusion est offerte par le
marchand de missiles Lagardère, via les NMPP qu'il contrôle. Le cour léger,
Pinault s'est également associé à RSF pour organiser la première «
cybermanif » (03.05.00), dont Ménard a résumé l'approche « citoyenne » :
« Le plus grand nombre d'internautes possible devaient se connecter au site de
la FNAC. » Reporters
sans frontières peut aussi, au nom du contre-pouvoir, encaisser les subventions
que lui attribue la Commission européenne - jusqu'à 70 % du budget de
l'association au milieu des années 1990. Avec
RSF, les seules « frontières » de la « liberté de la presse » resteront
pour longtemps les censures de l'argent. Le Quotidien vespéral des marchés et
L'Écho des start-up ESU (encore connu sous le nom de Libération) glapissent
lorsqu'un reporter se fait arracher sa carte American Express par un gavroche
famélique du Tatarstan. Mais ils se taisent et ils se courbent quand Pinault,
Messier ou Riboud achètent les faveurs des journalistes (lire PLPL, nos 1 à
4). Robert est heureux : « Depuis la naissance de Reporters sans frontières,
en 1985, la liberté de la presse a considérablement progressé. [.] En France,
la presse est non seulement plus libre, mais aussi plus impertinente. »
Quelques années auparavant, Ted Turner, patron multimilliardaire de CNN, avait
dressé le même constat béat : « Depuis la création de CNN, la guerre froide
a cessé, les conflits en Amérique centrale ont pris fin, c'est la paix en
Afrique du Sud alors que la situation semblait désespérée, ils essaient de
faire la paix au Moyen Orient et en Irlande du Nord. Les gens voient bien que
c'est idiot de faire la guerre. Personne ne veut passer pour un idiot. Avec CNN,
l'info circule dans le monde entier. Personne ne veut avoir l'air d'un débile.
Donc ils font la paix car, ça, c'est intelligent. » (Documentaire « La planète
CNN », Arte) La
médaille (dorée) a son revers (sanglant) : quand l'Occident, donc la Liberté,
bombarde et tue des journalistes, RSF préfère regarder ailleurs, plus doué
pour compter ses euros que les cadavres de « nos » ennemis. C'est ce qui
semble s'être passé en avril 1999 : l'aviation atlantique avait bombardé le
site de la radio-télévision serbe, tuant seize personnes. Au nombre des
victimes, plusieurs journalistes ou assimilés. Cependant, au printemps 2000,
quand RSF publia son célèbre rapport annuel sur le nombre des journalistes tués
pendant les douze mois précédents, l'organisation « oublia » de compter ces
victimes-là. L'eut-elle fait, elle aurait dû reconnaître qu'en 1999 le
principal assassin de journalistes avait été l'OTAN 2. Les
tribulations déontologiques de l'adjudant Ménard «
Je suis autoritaire. [...] Je ne sais pas discuter et j'aime décider seul. 3
» Ancien membre de la Ligue communiste révolutionnaire comme son ami Edwy
Plenel, Robert Ménard - que ses esclaves de RSF surnomment « l'adjudant Ménard
» - illustre le tournant pris dans les années 1980 par ces contestataires aux
dents longues, passés de l'engagement critique et politique aux préoccupations
« déontologiques » et « morales ». Deux
activités remplissent l'existence de l'adjudant Ménard : parader dans les médias
pour délivrer des certificats de « liberté de la presse », et saturer les
lignes de ses confrères pour attirer leur attention sur le dernier « coup »
de Reporters sans frontières. La frénésie téléphonique de Ménard est telle
qu'à l'approche du 3 mai, date de la journée mondiale de la liberté de la
presse de marché, les journalistes, harassés, se refilent le combiné en
chuchotant : « MCM ! MCM ! » [« Merde, c'est Ménard ! », ndlr]. « Notre
seule force, c'est notre poids dans les médias », rétorque le directeur de
RSF. « La médiatisation de notre action n'est pas un supplément d'âme, c'est
notre raison d'être. » L'adjudant
Ménard a théorisé la guérilla médiatique : « Il faut savoir utiliser les
techniques d'aujourd'hui : la publicité, le marketing. » Et surtout, savoir
transmuer la censure en cirage : « Il m'est arrivé, en tant que directeur de
l'association, de demander à des journalistes de ne pas trop parler de tel ou
tel dérapage de tel ou tel confrère que nous défendons. La plupart des
journalistes tiendront compte de mes remarques. » Déontologie
» oblige, l'adjudant Ménard s'indigne parfois contre des « confrères » qui
ne sont « pas à la hauteur de leur mission » : « Nous veillons, depuis,
c'est vrai, trop peu de temps, à ne pas en faire des parangons de vertu quand
nous savons que certains sont eux-mêmes corrompus et peu respectueux d'un
minimum de déontologie. » De qui s'agit-il ? D'Yves Messarovitch (L'Expansion)
qui fourbit à langue nue le piano du patron multimilliardaire Bernard Arnault ?
De Christine Mital (Le Nouvel Observateur) qui reprise les phrases trouées de
Messier et rédige son livre (lire PLPL n° 2-3) ? Que nenni ! Ces journalistes
corrompus, l'adjudant Ménard les a détecté « au Cameroun » et « en Côte
d'Ivoire par exemple, [où] toutes les grandes entreprises disposent d'un
"budget communication" très particulier, destiné à payer les
journalistes pour la parution ou la non parution d'un article ». À ces indigènes
ignorants, l'adjudant Ménard compte prodiguer les principes élémentaires de déontologie
forgés par les parrains célèbres de Reporter sans Frontières : Christine
Ockrent, reine des plagiats et impératrice des « ménages » 4
; PPDA, sa fausse interview et ses bébés ramenés d'Irak dans des couffins :
« Reporters sans frontières a toujours pu compter sur lui, note Ménard, et je
ne vois pas pourquoi nous devrions nous fâcher. » Notes
: 1.
Sauf mention contraire, les citations de ce chapitre sont tirées de Robert Ménard,
Ces journalistes que l'on veut faire taire, Albin Michel, 2001 2.
Les trois journalistes chinois tués par l'OTAN lors du bombardement prétendument
accidentel, en mai 1999, de l'ambassade de Chine seront, eux, comptabilisés par
RSF. 3.
Les citations en italique de cet encadré sont extraites du livre de Robert Ménard,
Ces journalistes que l'on veut faire taire, Albin Michel, 2001. 4.
L'un des plus lucratifs pour Christine fut le grand débat « Emballage et
environnement en Europe », qu'elle anima pour le compte de Péchiney,
BSN-Emballage et Carrefour (lire Le Canard Enchaîné, 9 avril 1997). Source : http://www.homme-moderne.org/plpl/n5/p3-4.html
La télévision comme outil de contrôle social Paru
dans Front Social n°8 La télévision est
devenu un formidable outil de propagande et de contrôle social pour l’Etat et
le régime néocapitaliste. La télévision n’est en elle-même qu’un objet
comme la radio, et ne peut donc être incriminée intrinsèquement. Cependant le
pouvoir l’utilise pour endoctriner les masses, elle est ainsi devenue un
vecteur de la diffusion des idées du gouvernement et du néocapitalisme. La
télévision comme outil de propagande La naissance du mot
propagande et de la propagande en tant que telle remonterait à 1622. La Curie
romaine fonda alors la Congrégation pour la propagation de la Foi (Congregatio
de propaganda fide). Cette congrégation avait le but purement hégémonique de
diffuser la foi catholique avec tous les moyens possibles. Jusqu’au début du XXème
siècle les Etats ne se sont pas intéressés à la diffusion de leur propagande
vers le peuple. La propagande est entrée dans l’ère moderne avec la première
guerre mondiale, pendant laquelle mensonges et trucages vont devenir partie intégrante
du cours de celle-ci ; c’est le fameux " bourrage de crâne ".
Affiches et cartes postales seront les principaux vecteurs du message étatiste
vers le peuple. Dans l’entre-deux
guerres la main-mise de l’Etat sur la presse sera de plus en plus abrupte.
Mais les intérêts financiers ne vont pas tarder, eux aussi, à entrer en jeu
et se servir des moyens de communication pour faire reluire leur image. En Italie et en
Allemagne les régimes fascistes vont accaparer tous les moyens de communication
pour faire la diffusion de leur doctrine. De véritables messes (on parlerait de
" shows " aujourd’hui) ont été organisé pour la célébration
de leur culte. Avec la deuxième
guerre mondiale la propagande va passer à un autre niveau. Le régime pro-nazi
de Vichy va organiser l’exposition " Le Juif et la France ";
les pays alliés de l’Allemagne vont diffuser massivement leurs idéologies
antisémites et essayer de soumettre à la vindicte populaire leurs ennemis :
l’URSS et les alliés des USA. Du côté allié la
diffusion de tract sera massivement utilisée, et ils seront largués par avion.
Mais ils vont bien sûr également utiliser la radio, avec la mythique " Radio
Londres ". Dans les deux camps le
cinéma de propagande et surtout les actualités cinématographiques seront les
principaux instruments de propagande. Le retournement de situation, le trucage,
le mensonge feront partie de la stratégie pour donner une bonne image de l’un
ou de l’autre camp et assurer au pouvoir le soutien des masses. Après la guerre, la
radio deviendra pour l’Etat le principal vecteur de propagande anticommuniste.
Les USA réaliseront ensuite des films où l’anticommunisme fait image de scénario,
ou d’autres films qui justifient le génocide des peuples indiens avec des
acteurs comme l’inénarrable raciste John Wayne. Pendant la guerre
froide les médias vont être utilisés par le régime capitaliste pour faire de
l’anticommunisme primaire et justifier les interventions yankees au Vietnam,
Cuba, etc. Cependant, petit à
petit radio et cinéma vont faire place à la télévision comme vecteur de
l’idéologie dominante. Propagande
et manipulation La télévision c’est
l’Etat qui vous parle et dont l’image apparaît à domicile, elle est
l’outil idéal pour le marketing politique et économique. L’image que veut se
donner le pouvoir est complaisamment véhiculée par les pantins télévisuels
dont la seule " valeur " réside dans le semblant de télégénisme
qu’ils véhiculent. Ces marionnettes ont transformé en loi cette phrase de
William Randolm Heast : " Une information c’est quelque chose
qui dérange, quelque chose que quelqu’un, quelque part, ne veut pas voir
publié. Tout le reste n’est que publicité ". On comprend donc par là
que toute information, tout reportage, toute émission télévisée doit avoir
pour but de favoriser le pouvoir, et surtout de ne pas lui nuire. Ainsi, la
visite du Pape en France fut abondamment diffusée et commentée. Mais rien ou
presque ne fut fait pour la commémoration du Front Populaire ou de la Guerre
d’Espagne. La guerre du golfe ne fut filmée et chroniquée que d’après
l’angle américain et celui de ses alliés. Aucun reportage ne fit réalisé
sous l’angle irakien. Pendant les élections en Russie il fut perpétuellement
fait l’éloge d’Eltsine, alors que les communistes ne passaient, sous
l’angle journalistique, la plupart du temps que pour des gens du passé ou
encore des folkloriques. Enfin, on ne compte
plus les reportages qui se font écho de " l’efficacité "
de la police et donc de la sécurité et de l’ordre. Aucun reportage n’a
jamais été réalisé, sans voyeurisme, sur " la haine "
des cités. Ces quelques exemples démontrent
clairement de quel côté incline la prétendue objectivité du journaliste télévisuel
et qui cette objectivité est censé servir. Mais à part les " informations ",
la télé ne fait que diffuser les valeurs dominantes, le culte de la
marchandise, par les sitcoms, les émissions-jeux, la publicité. La télé est
la célébration de la société capitaliste. On y retrouve clairement tout ce
qui historiquement a fait la propagande : l’utilisation de tous les moyens à
des fins hégémoniques, la manipulation de l’information, la censure
d’informations et de faits gênants pour le pouvoir, la diffusion massive et
sous des formes différentes d’un même message qui légitime le pouvoir en
place. La
télévision comme outil de contrôle social La télévision
est-elle un outil de contrôle social comme il y en a d’autres (drogues,
sport, manifestation autorisée et encadrée, travail, alcool, marchandises...)
? En fait, il semblerait
que la réponse soit négative. D’une part parce que comme nous l’avons vu
la télévision est l’un des vecteurs si ce n’est le vecteur de la
propagande étatique. Mais aussi, si elle est une marchandise, elle a aussi le
pouvoir de diffuser et de montrer d’autres marchandises, et donc de ce fait
est l’un des mécanismes essentiels de l’aliénation. Nous avons vu dans
Front Social N°2 le rôle de la marchandise dans le mécanisme de l’aliénation,
nous ne reviendrons donc pas dessus. La télévision est une
marchandise parce que tout ce qui est y diffusé est fabriqué pour que le téléspectateur/la
téléspectatrice paie (au travers de la redevance, des impôts, de
l’abonnement) et choisisse ce qu’il veut voir ; ceci rentre donc complètement
dans la conception capitaliste de la société. Mais pour que le téléspectateur/la
téléspectatrice continue à acheter la marchandise télé, il faut que les
programmes se renouvellent incessamment, comme se renouvellent constamment les
rayons et les produits des magasins. Si les programmes se renouvellent cela
aboutit à la captation du téléspectateur/la téléspectatrice, et
celui-ci/celle-ci sera donc de plus en plus attiréE par l’écran pour voir de
nouvelles choses, et la " magie audiovisuelle " aura
fonctionné. Mais derrière la
marchandise télé on peut déceler nombre d’autres choses. La diffusion non
stop d’images sur l’écran ne conduit pas seulement à capter le/la téléphile,
mais aussi à ce que celui-ci/celle-ci soit vide de tout esprit critique devant
ce qu’il/elle regarde. Le défilé perpétuel d’images a pour but de noyer
tout esprit de contestation qui par mégarde se serait glissé à l’écran, à
le vider de son contenu. La perversité d’une
telle chose conduit à la banalisation de l’image. Ainsi la propagande
fasciste de l’extrême-droite passe sans accroc entre deux nouvelles sur la
Corse ou le Tour de France, on peut voir Le Pen éructer qu’il ne croit pas à
l’égalité des " races " et cela n’apparaît pas plus
surprenant que le dernier défilé de mode ou la victoire d’un tel à tel
grand prix de formule 1. Cela peut conduire à la passivité de la personne qui
devant son écran ne jugera pas nécessaire de protester contre Le Pen, car son
message ne pourra pas apparaître nocif dans le flot des informations et des
images. Ceci est un premier exemple de contrôle social. La télévision est un
outil de contrôle social, comme la drogue peut en être un, et la similitude
entre ces deux outils est frappante. La télé a en effet un pouvoir de
psychotrope, mais un psychotrope contrôlé par le pouvoir. Il existe plusieurs
variétés de drogues: calmantes, excitatives... Il existe de même plusieurs
sortes de programmes télévisuels: calmants, excitant, provoquant des troubles,
etc... On peut en effet choisir comme un rien l’émotion que l’on désire grâce
à la télévision. Il suffit de zapper sur le programme voulu pour avoir des
frissons, des sensations romantiques, faire sortir sa haine, etc. Mais tout cela
est soigneusement contrôlé et régulé afin que cela ne sorte pas à l’extérieur.
La sublimation de ses émotions conduit à ce que les gens ne descendent pas
dehors pour les exprimer. Cela aussi fait partie du contrôle social. Nous venons de voir de
quelle manière la télévision a le pouvoir d’hypnotiser quelqu’un. Mais
quelle est sa véritable influence sur les gens ? La télévision a-t-elle les
moyens d’influencer les gens ? Souvenons-nous de la
campagne électorale des présidentielles de 1995. Les sondages quotidiens
donnaient Chirac gagnant. Certaines émissions politiques (et notamment sur TF1)
donnaient largement la parole à droite. Bref la droite était déjà chez elle
et donc à l’Elysée. Or, que se passa-t-il par la suite ? Chirac fut élu président. Utilisons un autre
exemple. En pleine élection à Gardanne, les journalistes relatent l’histoire
d’un éventuel financement occulte du P.C.F. Or cela arrive alors qu’un
candidat du P.C.F. s’oppose à un candidat du Front National. Seulement cette
fois-ci la télévision aura loupé son coup car le " communiste "
Roger Mei a finalement gagné les élections. Mais d’autres
exemples, on peut en trouver à la pelle : pendant les grèves de décembre 1995
la télévision faisait ses choux gras du " calvaire " de
ceux/celles qui étaient obligé d’aller travailler. Ceci a peut-être
contribué à ce que les travailleurs du privé aient quelque antipathie envers
les cheminots et ne rejoignent pas le mouvement. Autre exemple. Il est
clair que les matchs de foot se déroulent à l’heure choisie par la télévision
et à une heure où tout le monde peut les regarder. Ainsi la télévision perpétue
le culte de la connerie sportive en voulant faire de l’argent par la diffusion
de matchs pour lesquels elle donne de l’argent aux clubs, tout en faisant
payer en retour aux publicitaires les spots diffusés pendant la mi-temps. Ainsi
les images de marchandises sont assurément diffusées massivement. A travers
cela trois outils de contrôle social se conjuguent : 1-l’esprit sportif
nationaliste, 2-la marchandise, 3-la télévision. Ces exemples démontrent
que la télévision, si elle est sous influence du pouvoir, peut créer elle-même
son propre pouvoir qui ne servira que le pouvoir. Car il ne faut pas considérer
que la télévision soit libre. Il existe un débat qui est : " La télévision
crée-t-elle l’événement ou l’événement crée-t-il la télévision ? ".
La télévision est sans aucun doute créatrice d’événements qui servent les
intérêts du pouvoir. Tout événement (et il y en a) qui ne passe pas à
la télévision est considéré alors comme un non-évènement ou comme
inexistant. S’il existe des événements non crées par la télévision,
celle-ci va faire en sorte de l’exploiter dans le sens des intérêts de la
caste dominante. S’il n’y a pas d’événements, la télévision va en créer.
Ainsi les matchs de foot ou les " événements " sportifs
sont considérés comme des événements parce qu’ils sont massivement
retransmis par les télés. Cela va de plus assurer une crédibilité au sport
(car tout ce qui passe à la télé est crédible), et le beauf du coin
n’aura plus honte de se promener en survêt’, car il ressemblera au premier
chimpanzé en short mis en orbite télévisuelle. Voici donc un bon
exemple de l’influence de la télé sur les gens, et dans la société. Comme je viens de le
dire, tout ce qui passe à la télé apparaît crédible. Il est en effet banal
de constater que n’existe que ce que l’on voit ; ceci est vrai pour
tous/toutes. Or le pouvoir de la télé c’est aussi de partager la terre et
les choses en deux. Celles qui sont censées être valable (pour l’Etat et le
Capital) ont le droit de passer, les autres pas. Or celui/celle qui croit ce
qu’il voit ne cherchera jamais à aller voir ailleurs et ne croira pas que
cela existe. Combien de reportages culturels, sur la mythologie celtique par
exemple, ont été passé à la télé ? Combien de documentaires sur
l’affaire Léonard Pelletier ? Aucun. Si l’on prend ces deux exemples et que
l’on interroge les gens dans la rue, combien de personnes répondront savoir
quelque chose là-dessus ? Par contre si l’on demande le score du dernier PSG
(pourritures de salauds gerbants)-Nantes, ils le diront sans hésiter. Cette influence de la télé,
on la retrouve aussi largement dans la culture. Tout ce qui est au " top "
est plus ou moins aidé par un ou plutôt plusieurs passages à la télévision.
Ceci conduit à une normalisation et à la standardisation par
l’industrialisation de la culture. Etre artiste aujourd’hui ne veut plus
dire être un génie de sensibilité, mais avoir une image télégénique, et
celle-ci est même devenue plus importante que l’art lui-même. Cela nous
conduit à ce que le lamentable soit élevé au rang de sensationnel, et que le
fantastique soit décimé. Cela est certainement inhérent à notre époque
qu’Eric Cantona soit un " intellectuel ", Ophélie Winter
une " artiste ", et Alain Minc un " économiste ".
Le vide intellectuel, la non-pensée, l’absence de réflexion et d’esprit
critique font eux aussi partie du contrôle social. 95% des foyers possèdent
au moins un poste de télévision qu’ils regardent en moyenne 3h30 par jour.
On peut donc à travers ces deux chiffres analyser l’étendue des dégâts que
cause l’influence de la télévision. Ces 3h30 consacrées à visualiser la télé
ne seront pas consacrées par exemple à la lecture d’un livre (activité
autrement plus intellectuelle), mais à se vider psychiquement après le
travail, et par là même à être en contact direct avec le pouvoir à travers
le programme choisi. La télévision est une fantastique vitrine de l’ordre social et un outil de contrôle social. La télévision crée l’apparence d’exister par procuration car tout ce qui s’y présente a la forme de la vie, mais n’est pas la vie. Car une vie standardisée et uniformisée ne saurait exister. Les images ne servent qu’à suggérer, et plus les gens vivent à travers l’écran, moins ils/elles vivent leur propre vie. Et moins ils/elles comprennent leur statut d’aliénéEs et d’exploitéEs. Donc moins il y a compréhension de tout cela moins il y a le besoin, la nécessité d’avoir envie de se révolter. La création d’un monde virtuel télévisé ne sert en définitif que les intérêts du pouvoir. La télévision est un outil de répression psychologique bien plus fort que n’importe quelle prison.
La propagande impérialiste à travers les jeux vidéo (Article
personnel, 15 août 2003) Celle-ci peuvent incontestablement se sentir fortes, car conscientes d’avoir la trempe de grands guerriers du monde « libre » occidental, du fait qu’il est bien connu que l’U$ ARMY, à laquelle nous sommes éternellement redevables d’après Blair, est l’armée garante de la « souveraineté » des nations occidentales.
Missile nucléaire en partance du camp chinois. Les chinois ont-ils jamais utilisé la bombe atomique ? Autour du silo nucléaire, deux tours de propagande. La propagande, c'est l'art d'imputer ses propres crimes à l'ennemi ; forcé de reconnaître que les impérialistes sont passés maîtres dans ce domaine ! Il faut dire qu'ils ont pris des cours à bonne école... (Cf. article sur la CIA et sur les mensonges concernant l'URSS sous Staline)
Le directeur de l'info reconnaît que la RTBF censure le PTB «Pourquoi les médias parlent-ils de tous les autres partis et pas du PTB», nous demande Steeve. Cette question, nous l'avons posée à Yves Thiran, directeur de l'information de la RTBf-TV. Compte-rendu intégral de l'entretien téléphonique. David Pestieau, 15-05-2003 Un premier journaliste de la RTBf, Hervé de Gheylink, nous informe que le PTB ne passe pas sur antenne car il s'inspire du marxisme-léninisme, une idéologie «antidémocratique». Après de multiples tentatives, j'arrive à avoir le nouveau directeur de l'information de la télévision, Yves Thiran. Communication téléphonique, jeudi 15 mai, 9h40. «Allo, Yves Thiran. Chacun jugera. Le boycott du PTB par la RTBf est clairement politique, basé sur des critères arbitraires comme le «consensus général de la maison» (consensus très relatif), les critères vagues du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel... Au nom de quoi peut-on décider que l'action, par exemple, de Colette Moulaert, médecin du PTB, partie sous les bombes à Bagdad, serait anti-démocratique ? Pourquoi la RTBf-télévision refuse-t-elle de filmer le discours de Colette Moulaert à la manifestation de STOP USA du 21 avril, sous prétexte qu'elle est candidate sur les listes du PTB ? Par qui sont contrôlés ces directeurs de l'information ? Au nom de qui décident-ils ? Visiblement le public n'a pas de droit de regard sur l'information publique, qui ne reflète que la mainmise des grands partis pré ou post-gouvernementaux. Entre temps, les syndicalistes de la CGSP de la RTBf menacent de faire grève dimanche soir, au moment des résultats électoraux, si leurs revendications au sujet du plan Magellan de restructuration de la RTBf ne sont pas rencontrées. Ils pourront au moins les suivre sur http://www.solidaire.org/ car une autre information est possible. Notre site reçoit en moyenne 4500 visites par jour ces temps-ci, la moitié des visites d'un jour normal sur le site de la RTBf. Avec tous les moyens d'information alternatifs, nous sommes bien décidés à briser le mur du silence imposé par la RTBf-télévision encore avant dimanche. Diffusez cet article et informez-vous par vous-même sur le PTB en consultant notre site http://www.ptb.be/. Et n'hésitez pas à décrocher votre téléphone pour interpeller la RTBf.
Les intellectuels et le football : Montée de tous les maux et recul de la pensée Marc
Perelman, Editions de la Passion - 2000 (Source : www.philosophie.org) L'anti-racismefoot
: SOS-Racisme a osé, en
octobre 98, placarder pendant quelques jours dans le métro parisien (mais d'où
vient tout cet argent ?), une affiche de grande dimension où l'on voit le dos
d'un maillot de l'équipe de France sur lequel sont inscrits ces mots : "
Ce soir là tous les Français ont été scandalisés par l'expulsion d'un black
" (Référence à l'expulsion de Marcel Dessailly.) En
bas de l'affiche, on pouvait lire : " N'oublions jamais qu'on peut être
heureux tous ensemble. " N'en
déplaise à cette association de dépolitisation de la jeunesse et dont
l'ancien président, Fôdé Sylla, a depuis pris bonne place pour les Européennes
de 1999 sur la liste du "Parti communiste", nous maintenons que la
lutte contre le racisme ne passera pas par la défense d'un footballeur, fût-il
de couleur noire. De même, il est une imposture politique que de situer sur le
même plan l'expulsion de France des sans-papiers sans ressource, démunis de
tout, et un joueur milliardaire après qu'il ait d'ailleurs commis une faute sur
un autre joueur. Une
association SOS-Racisme en tant que telle a participé, à sa façon, à la
fascination pour le football, et par cela même au renforcement des pires mythes
autour d'un combat antiraciste souterrain de la part des joueurs, un combat qui
n'a jamais existé, n'existe pas, et n'existera pas plus dans l'avenir. Immense
mystification donc de croire que d'être de couleur et footballeur devrait
permettre de lutter contre le racisme ! De même, immense mystification de
croire que d'admirer et de s'identifier à des hommes de couleur et footballeurs
favoriserait la lutte des jeunes contre le racisme ou la guerre. À
ce moment-là, rappelons-nous le, lorsque se déroulaient les pires exactions
contre leurs propres familles en Algérie, a-t-on vu défiler ces mêmes jeunes
dans les rues ? Où était la génération " black, blanc, beur " si
motivée à lutter contre le racisme et la guerre ? Alors il faut l'affirmer, c'est bien le football qui a su, au contraire, apparaître au bon moment, et canaliser toute l'émotion et la volonté d'agir de la jeunesse vers les stades et ce au profit des footballeurs (une poignée d'individus) et de leurs patrons (une autre poignée plus petite encore). Le spectacle fut en effet consternant : racistes et anti-racistes ont été au coude à coude fusionnant dans la grande liturgie footballistique émotionnelle la plus abjecte. Le Football, une peste émotionnelle : Planète des singes, fête des animaux Jean-Marie
Brohm, Marc Perelman - Editions de la Passion 1998 (Source :
www.philosophie.org) Dans
cette vaste légion familière, qui regroupe toutes les tendances de la gauche
et de la droite, toutes les tribus de la jet-set tous les dévots de la société
du spectacle, on reconnaîtra sans peine les bateleurs ordinaires de l'opium du
peuple qui prennent leur pied à voir jouer les autres du pied et du poing, tel
Bernard Pivot (" Le pied ", Contact, le magazine des adhérents de la
FNAC, n' 343, mai-juin 1998) lequel associe spontanément le football et
l'amour. " Il est pratiqué, dit-il extasié, dans le monde entier.
L'universalité de ce sport , je parle du football, n'est elle pas la preuve
qu'il obéit sur tous les continents, dans toutes les races [sic], à des
besoins, des pulsions, des envies, qu'il est un heureux effet de la nature de
l'homme. " Manifestement,
pour Pivot une paire de chaussures à crampons ou une bouteille de beaujolais
sont équivalentes à une oeuvre d'art, la pelouse comparable à un musée ou à
une bibliothèque et les gestes sportifs identifiables à des créations
spirituelles. Ce
type de pensée confusionniste où tout est équivalent, où il y a inversion
des valeurs, où la culture humaine est ramenée au niveau d'une culture
physique et la réflexion théorique au niveau de la transpiration, est le signe
le plus certain de la crétinisation qui s'est emparée des " leaders
d'opinion ". Prétendre
aujourd'hui que le football participe de la culture, c'est non seulement se
foutre du monde, mais avoir une bien piètre image de la culture, celle du prêt
à penser, du fast thinking, du zapping et du " nique ta mère " qui
domine aujourd’hui dans les médias où officient les nouveaux chiens de
garde. La passion n'autorise pas tout et sûrement pas cette démagogie gluante
qui permet à des ahuris refoulés d'exhiber leurs préjugés réactionnaires,
comme le fait avec constance Bromberger, admirateur d'une "passion très
masculine " : " Chaque équipe de mâles protège ses cages qu'elle
doit conserver "vierges", "inviolées" et tente de "pénétrer"
voire de "perforer" la défense. On doit "déflorer" les
buts adverses. Les mots sont évocateurs [...]. Face
à l'évolution du statut des femmes, le terrain de foot est devenu pour les
hommes l'espace refuge par excellence. On y est loin des femmes, on peut dire
des choses qu'on ne pourrait plus se permettre ailleurs. On a le droit à l'excès
verbal, gestuel, aux gros mots sans être jugé vulgaire ou taxé de machisme. Et
cela s'étend aux supporters devant leur télé " (Marie Claire et l'Équipe
magazine, juin 1998, p. 35). Notre ethnologue de Marie Claire, toute émoustillé
par ces transgressions sexuelles verbales, ne se pose même pas la question du
sens de ce genre de " culture " virile de la braguette et des "
plaisanteries sexuelles "propres aux beaufs, aux phallocrates, aux bidasses
en goguette, aux camionneurs et, bien sûr, aux habitués des troisièmes
mi-temps, qui sont, chacun en conviendra, des hauts lieux de délicatesse
humaniste et de raffinement culturel. |
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